Aussi nombreux que sont les fleurs, au printemps

homere-chepik

« Alors tous lancèrent un très long cri, puis ils se dispersèrent parmi les navires. Chacun alla se préparer à la bataille. Certains mangeaient, d’autres affilaient leurs armes, d’autres priaient, d’autres faisaient des sacrifices à leurs dieu, en leur demandant d’échapper à la mort. En peu de temps, les rois de lignées divine rassemblèrent leurs hommes et les disposèrent en ordre pour la guerre, courant au milieu d’eux, et les incitant à se mettre en marche. Et tout à coup, pour nous tous, il devint plus doux de combattre que de rentrer dans notre patrie. Nous marchions, avec nos armes de bronze, et nous ressemblions à un incendie qui dévore la forêt, et tu peux le voir de loin, tu peux voir sa grande lueur éblouissante monter dans le ciel. Nous descendîmes dans la plaine du Scamandre comme un vol d’oiseaux immense qui descend du ciel et se pose à grand vacarme et battements d’ailes sur la prairie. La terre résonnait terriblement sous les pieds des hommes et les sabots des chevaux. Nous nous arrêtâmes près du fleuve, devant Troie. Nous étions des milliers. Aussi nombreux que sont les fleurs, au printemps. Et nous ne désirions qu’une seule chose: le sang de la bataille.

Hector et les princes étrangers, ses alliés, rassemblèrent alors leurs hommes et s’élancèrent hors de la ville, à pied ou à cheval. nous entendîmes un immense tumulte. Nous les vîmes monter sur la colline de Batiée, une colline qui se dressait, isolée au milieu de la plaine. C’est là qu’ils se rangèrent, sous les ordres de leurs chefs. Puis ils commencèrent à avancer vers nous, hurlant comme les oiseaux dans le ciel pour annoncer une lutte mortelle. Et nous, nous marchions vers eux, mais en silence, avec la rage cachée au cœur. Les pas de nos armées soulevèrent une poussière qui, comme un brouillard, comme une nuit, dévora tout.
A la fin, nous arrivâmes face à face. Nous nous arrêtâmes. Et là, tout à coup, des rangs des Troyens sortit Pâris, semblable à un dieu, une peau de panthère sur les épaules. Il était armé d’un arc et d’une épée. Il tenait dans sa main deux lances à pointe de bronze et les agitait vers nous pour défier en duel les princes achéens. Quand Ménélas le vit, il se réjouit comme un lion affamé qui trouve le corps d’un cerf et le dévore. Il pensa que le moment était venu de se venger de l’homme qui lui avait volé son épouse. Et de son char il sauta à terre, empoignant ses armes. Pâris le vit, le cœur lui trembla. Reculant, il revint parmi les siens, pour échapper à la mort. Comme un homme qui voit un serpent et fait aussitôt un bond en arrière, et tremble, et fuit, la pâleur sur son visage. Ainsi nous le vîmes s’enfuir. […] »

 

 

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