Qui aurait pu imaginer que cette ville n’occupait pas toute la surface de la planète?

Detroit-tracks

« Aux flancs de l’énorme machine productive, non loin des berges que fréquentaient pêcheurs, fermiers et soldats, des individus réunis par la disette arpentent le centre-ville. Ils survivent. Une kyrielle de catastrophes a succédé à l’incendie de 1805 qui a détruit la ville en quatre heures, ne laissant debout, au milieu d’un plateau de cendres, que les deux tours de l’église Sainte-Anne. Mais désormais la force manque, la volonté manque. Sans espoir, pas de volonté. Une forteresse est toujours une insurrection contre le vide : à partir de limites, on accède à l’illimité. Aujourd’hui, personne ne semble à même de retrouver ces limites. Aujourd’hui, le sol se dérobe.
Détroit est une ville étrangère. Elle est vaste, dure et déserte. Incompréhensible. Imprenable. Un pays-machine. Ceux qui tournent dans ses murs cherchent une issue. Ils ne trouvent pas. Pris de vertige, ils tombent. Ils se couchent sur les trottoirs et dans les parcs. Ils ferment les yeux. Rien de ce qu’ils savent… rien – il n’y a pas de secours. Et je ne parle pas des rues, des avenues, des carrefours, du découpage et des friches, mais d’un sentiment insidieux puis envahissant : le sentiment d’être un corps sans esprit

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