Vestige de soleil soufflé

Collection109

« Laisse-moi partir, Gaspara, laisse moi m’en aller sur ces derniers mots qui seront cantique et ferrure pour la cellule d’où je veux veiller sur les hommes loin de leurs regards,

mon cœur danse, bonne amie, mon âme vole même dans cette poitrine branche quand je pense aux fleurs aux joues d’or aux abeilles qui prennent sang de vie sous ta paupière de petite chanteuse,

en tous lieux j’ai suivi la règle du jour, à midi je me penchais pour lire les mystères de mes souvenirs dans l’ombre de mon corps sur le sable, Gaspara, et je voyais tes épaules voutées sur une pierre brûlante,

le soir venait, je me levais et je marchais jusqu’à toi petit arbousier de chagrin, je te parlais des trésors de la nuit les étoiles sans fin l’ourse docile je prévoyais tes victoires à l’abri du mal en glorieuse jeunesse,

laisse-moi donc partir, Gaspara, laisse-moi passer la colline fraiche du matin je t’apporte le feu revenu dans une pierre creusée mon amie pour veiller avec toi sur la terre mourante. »

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Une réflexion sur “Vestige de soleil soufflé

  1. Image: David Guttenfelder, Collection 109.
    Texte: Gabriel Rebourcet, « Vestiges de la vie ordinaire ». C’est le quatrième recueil de Rebourcet que j’attaque et, à chaque fois, la même puissance d’évocation, le ton lyrique, mais jamais désuet. Bref, de beaux instants de poésie, nécessaires en ce moment de textes périssables à grande vitesse.

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