« Nous qui sommes sur terre l’ombre des oiseaux de passage »

David Cox-465225

« Trains de nuit

A la nuit tombante
il passait des astres fauves
comme des rêves pourchassés
jusqu’en lisière d’une vie assombrie

telle fut la nuit
pelage humide poitrail ruisselant
de rosée de résine de baies foulées

telle est la nuit qui incise la peau du ciel
le sang noir s’écoule il noie le miroir
où nul ne voir plus ses yeux sa bouche
ni les doigts de sa vie
que le froid engourdit

telle fut la nuit venue
on était là immobile
bouche abasourdie
et les yeux n’avaient plus pour paupières
que la feuille sombre d’une défaite prochaine

Nul corps n’empêche la lumière de paraître
au seuil du jour
nul corps nul astre nulle pensée

sinon cette main de chair devant tes yeux

la paupière abattue
comme les arbres devant la joie des fleurs

et la plaie qui te résume »

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Une réflexion sur “« Nous qui sommes sur terre l’ombre des oiseaux de passage »

  1. Image: David Cox (1783-1859), « Train du soir »
    Texte: Gabriel Rebourcet, une fois encore, extrait d’ « Etoiles sur le chemin de Mantoue ». Rebourcet, brillant traducteur du finlandais (on lui doit la version du Kalevala publiée chez Gallimard, dans la collection l’aube des peuples) s’avère aussi un magnifique poète. Beaucoup de belles pages qu’on voudrait vous citer… mais il faut bien vous faire languir suffisamment pour vous décider à lire le recueil en entier, n’est-ce pas?

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