le silence nocturne des nappes souterraines

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« […] je remarquai alors, plié dans une couture, un feuillet volant, comme arraché d’un autre carnet de poche, rangé, puis oublié là:

La découverte d’un autre réel, y était-il écrit, d’un lieu de haute solitude, habité d’un silence originel, a éveillé en moi, depuis l’adolescence, l’envie de pouvoir tout abandonner. Je ne parle pas de fugue, ni d’un simple vague à l’âme, tu le sais, Egon, encore que l’une ou l’autre nous furent choses coutumières, adolescents. Je ne parle ni de nostalgie ni de rêvasserie. Je parle d’un irrépressible élan de l’être, d’un appel inexplicable, urgent, profond, extravagant, à tout abandonner. Et partir. Pas n’importe où.
Là-haut, au Nord. »

*

 » Ce que nous nommons réalité, s’exclame Hitler (le poète Blitz), au début de Nebula, en frappant la table du cul de son verre de schnaps, n’est bien souvent qu’une proposition de l’esprit – pas deux ni trois – un seul jeu de pensées, un trousseau réduit à une seule croyance qui ne déverrouillera jamais les portes que d’une unique maison, la vôtre, en vous laissant toutes celles d’une ville fermée.
A moins de se procurer un passe, réplique Albert Einstein (le vieil Emil, un artiste de cabaret) en se grattant pensivement la moustache.
L’imagination est ce passe et quelque chose d’autre encore. Quelque chose qui a trait au silence nocturne des nappes souterraines, au sommeil sous perfusion des plantes, au rayonnement psychofluidique du cosmos, où le temps s’écoule, délitant les pensées dans son courant tout en vous emportant, vous ne savez ni pourquoi ni comment, loin de ses profondeurs troubles et immobiles, là où abonde une vie muette. »

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Une réflexion sur “le silence nocturne des nappes souterraines

  1. Image: Teri Varhol, First Chaos 4, 2012 : http://www.terivarhol.com/FIRST-CHAOS
    texte: Pierre Cendors, encore, mais cette fois-ci extrait des « Archives du vent », à paraitre au Tripode (http://www.le-tripode.net/) en septembre. On y croise notamment Egon Storm, cinéaste inventeur du procédé movicône lui permettant de tourner des films en reprenant de vieux acteurs ou des personnalités historiques pour interpréter un tout nouveau rôle. dont acte ici avec Nebula, mettant en scène Marlon Brando, Einstein, Hitler et Louise Brooks. De quoi sérieusement remettre en cause la réalité.
    On aura encore l’occasion de revenir sur Pierre Cendors, ici et ailleurs.

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