« Certaines richesses sont intérieures pour éviter que les pies ne viennent les dérober »

Couverture-Les-Forteresses-de-loubli

« Joseph s’était vainement demandé est-ce bien raisonnable de s’affranchir de quelques paroles contenues dès lors que se déploie dans l’infini la désillusion de feu. Réduisant à jamais le flamboiement de ce qui a vécu en l’amas de cendres de ce qui survit.

Comment formuler l’informulable. Il y aurait fallu l’audace de remuer bousculer, se heurter se fracasser contre le béton armé des parois infranchissables de ce qui ne peut être révélé. S’élever contre le refus de ceux qui ne pouvaient voulaient parler. Derrière leur crainte de s’effondrer s’écraser parmi les brèches de leurs secrets éventrés.
Obstinés, seuls les morts alignés dans les pages de l’Etat-Civil, entachées d’écritures parfois indéchiffrables, rarement univoques, exhumeront, précipiteront dans la lumière des nuits crues les liens tissés dans le silence des générations. Dévoileront avec courtoisie les origines incertaines, les noms d’emprunt qui morcellent. Grignotent les fragments étales de vies lézardées. »

*

Que voilà une belle chose dans laquelle se plonger en ce milieu d’été. Un texte se refusant résolument à la modernité, archaïque presque dans sa poésie romantique – granitique aurait-on envie de dire – et qui trouve la langue juste pour parler de l’oubli. Forteresses de l’oubli donc, c’est celle dans laquelle s’enferme Camille, après plusieurs expériences de vie sordide, dans un camp de reconfiguration psychologique qu évoquera bien des appareils sectaires. C’est aussi la dernière demeure de la vieille Denise, un lit d’hôpital sur laquelle elle meurt du cancer. C’est enfin l’oubli qui frappe Joseph Dardanel, fils d’enfant abandonné qui cherche en vain dans le passé de son père quelle pourrait bien être sa place dans ce monde. Quitter un monde pour en découvrir un autre, ou au contraire, essayer de revenir parmi les hommes, voilà les dilemmes qui se jouent ici, sur fond de paysages morvandiaux sublimés, eux aussi par la plume de Serge Moncomble.

Et l’on se procure cela d’urgence aux belles éditions du Murmure!

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2 réflexions sur “« Certaines richesses sont intérieures pour éviter que les pies ne viennent les dérober »

  1. Galinet dit :

    Enchantée de faire votre connaissance 😊
    J aime votre écriture et vos sculptures. Avec plaisir je me plongerai dans votre livre  » Les Forteresses de oubli » . Est-il possible de le trouver en librairie?

    J'aime

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