Collecter des morceaux de mosaïque

unica

Suivant un instinct que j’ai trompé très tôt – a savoir que c’est la DISTANCE, et rien que la DISTANCE, qui signifie pour moi le merveilleux, j’ai rêvé, enfant, que j’épousais un monsieur aux cheveux blancs, paralysé, à jamais enchaîné à son fauteuil roulant, qui me prodiguait ses leçons. Je me voyais à ses pieds. Leçons et écoute – telle était la situation de ces noces, qui se déroulèrent dans un parc sous le ciel éternel de juillet. Et naturellement il était beau et propriétaire d’un château. De son image, il ne me reste plus grand-chose que sa luminosité – (sûrement liée à ses cheveux, sa peau et ses yeux).
Et aussi à ses mains.
Derrière nous, immuable, le jasmin était en fleur.
Rien ne changeait.
Il me touchait de ses grands regards précieux et effrayants à la fois, et aussi de sa voix.
Je ne crois pas qu’il m’ait jamais donné la main.
Ces noces furent ma béatitude.
Je crois que cette conviction est restée intacte.
Et c’est là mon insatisfaction. Ma grande insatisfaction envers ma vie et ses possibilités.
Et c’est là le sens de ma légende de la vie à deux.

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