Un enfer centenaire

« La nuit était venue tout à fait quand nous partîmes, en colonne par quatre, silencieusement, comme des fantômes, munis de brancards et d’échelles qui devaient servir à transporter nos funèbres fardeaux […]. Au bout d’une heure, nous traversâmes un village, ou plutôt ce qui restait du pauvre village: quelques pans de murs démantelés. et se dégageant de ces ruines, une odeur épouvantable, cadavérique, que nous ne connaissions pas […°. Quelqu’un murmura près de moi: ça sent la mort par ici […]. Les instructions données, rapidement, à voix basse, par groupe de quatre, nous nous éparpillâmes dans la plaine et la funèbre besogne commença […]. L’odeur nous guidait, la terrible odeur perçue tout à l’heure pour la première fois. »

tranchee-1914-1918

Témoignage du colonel Despierres, du 239e R.I.

« Je  ressens une impression inimaginable ; des deux côtés, boche et français les tranchées sont envahies par l’eau. Il y a une profondeur de près d’un mètre. C’est dire que ces tranchées ne peuvent plus être occupées par les éléments de première ligne. Tout le monde est sur le parapet. Les boches à dix mètres nous regardent avec indifférence. C’est une véritable trêve qui parait être conclue entre les deux partis. On ne cherche qu’une seule chose, c’est vivre comme on peut et échapper à cette humidité croissante qui, par les froids qui commencent, devient impossible à supporter. »

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