une civilisation disparue

Sur eux, la nuit est tombée avant qu’ils aient pu réaliser quoi que ce soit. Mérité ou non, c’est le destin des peuples faibles, ceux qui n’ont pas assez de cohésion pour porter un projet. Disparaître et ne laisser qu’une trace insipide dans les souvenirs, celle des peuples vaincus qui ne laissent derrière eux qu’une poignée d’amphores au fond des eaux, quelques pierres au sommet d’une colline.

D’autres en ont parlé, vaguement. De ce qu’ils leur avaient pris, des terres qu’ils leur avaient volées, de leur bonté, de leur petitesse, de l’insignifiance de leur existence et des projets grandioses des autres, de ceux qui les ont dévorés. Quelques bibliothèques gardent souvenir de petits villages boueux au pieds de châteaux pas si forts que ça. A peine construits, à peine détruits. Ne reste qu’un point sur une carte, une vallée qui a conservé leur nom, un fleuve qui les a abreuvé.

La science historique a ses limites, celles qu’imposent les vainqueurs. Elle se tisse des fils de grandes victoires, de terribles défaites. Mais de vagues rochers et une mort paisible n’engendrent pas de légendes, à peine une trace qui s’étale, se dilue et puis disparaît.

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