fascination gériatrique

… J’ai lu dans l’entrelacs des varices, dans la disposition des grappes de sang, leur poids, leur texture. J’ai vu la fin de l’homme, un soir de mai. Il était attablé, en terrasse, se chauffant à la lumière des derniers rayons du soleil. Il avait un verre à la main. Bière d’abbaye. Et puis… Et puis ? Et puis plus rien. Tout s’arrête là. Je crois que mon vieux vient de clamser. Courons en chercher un autre.

J’en connais une, tiens, elle vit de l’autre côté de ma rue. Parfois – quand j’ai de la chance – je la vois trembler en courant aux cabinets. Elle se prend pour une petite fille. Elle fait des grimaces, elle est insupportable. Parfois même elle se fait des nattes. Elle passe de longues heures devant son miroir à contempler celle qu’elle a été. Et elle tremble. Tiens, comme ça qu’elle tremble… c’est dire ! Il m’a fallu des soirs pour comprendre comment fonctionnaient les tremblements. Des soirs à lire les signes derrière les gestes, des soirs à étudier la mécanique putride de sa dégénérescence.

Il aura même fallu que je l’imite.

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