Il m’a dit…

Il m’a dit :

« Regarde ! Il y a un peu de la lumière jaune de tes papiers qui plane dans les rues de Vienne. Elle se déplace capricieusement en ces fins d’après-midi. Hier, assis à la terrasse d’un café, attendant un ami, je l’ai vue se glisser le long des murs, effleurer les vieilles pierres de ses doigts ocres, précipitée comme la femme s’enfuyant de la maison familiale pour se glisser furtivement le long des allées jusqu’à la chambre de son amant. Elle court, de par le secret des grandes avenues, elle court au milieu des passants, sans chapeau, perdue dans l’anonymat des foules, et il faut l’œil des espions amateurs, des perceurs de coffre-fort pour réussir à seulement l’effleurer du coin de l’œil. «

Il m’a dit :

« Un fois, je l’ai poursuivie toute une journée en faisant des cabrioles sur son passage. J’avais espéré qu’elle me remarquât, là, glissant sur les pavés, mais malgré mon air ahuri, elle poursuivit sa course sans faire attention à moi. »

Il m’a dit :

« Je connais ses horaires. Parfois, à cette période de l’année, je l’attends, à 17 heures, au coin d’une rue passante. Une fois qu’on l’a vue, vraiment vue, on ne saurait l’oublier. Elle ne se cache pas vraiment… mais elle passe vite et il faut savoir arrêter le temps parfois, pour un peu la savourer. »

Il m’a dit :

« Et toi, toi, me dit-il, tu l’as emprisonné là, dans le carton sur lequel tu barbouilles. »

Ainsi disait Ozen

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